Le Pan, 3 juin 2009

A la veille de la fin de son règne, un dossier hante toujours le cabinet Picqué : celui du quartier de la gare du Midi. L’opération «revitalisation», lancée en 1989, lors du gouvernement Picqué 1er, s’est transformée en un véritable saccage d’un quartier populaire. Et tout cela au profit des entrepreneurs et de la commune de Saint-Gilles. Mais pas de ses habitants. Le journaliste – et habitant du Midi – Gwenaël Breës vient de consacrer une grosse brique de 368 pages à ce sujet (Bruxelles-Midi, éditions Aden). C’est cette enquête d’investigation qui fait trembler l’équipe Picqué. Il y a des vérités pas bonnes à dire, surtout lorsqu’elles touchent l’un des fonds de commerce historiques du PS : la lutte contre la pauvreté. Le marketing socialiste, juste avant les élections du 7 juin, ne peut le permettre. Par réflexe pavlovien, une certaine pression s’est exercée en direction de médias, en invoquant même un « livre révisionniste », rien de moins. Des journalistes se sont mis aux ordres du Boulevard de l’Empereur (une fois encore ?), mais pas tous. L’opération muselage des médias n’aura pas totalement réussie, même si pour finir, sur le site du Soir, les bonnes feuilles du livre de Breës ont vite été retirées (en moins de 3 heures !). Comme par hasard. La grande presse ne serait-elle plus indépendante ?

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